« Wiggins et la nuit de l’éclipse », un mystère à résoudre dans une école anglaise (Béatrice Nicodème)

74778616Wiggins et la nuit de l’éclipse, Béatrice Nicodème

Éd. Gulf Stream Éditeur

249 p.

Angleterre, 1894. Trois années ont passé depuis que Sherlock Holmes a disparu dans les chutes de Reichenbach après une lutte sans merci contre l’infâme Moriarty. Inconsolable, Wiggins est plus que jamais déterminé à se montrer digne du grand détective. Lorsqu’il est appelé au collège de Midhurst pour veiller sur le jeune Lowell Summerfield dont le père, un juge connu et redouté, a reçu des lettres de menaces, il voit là l’occasion de gagner enfin ses galons de détective-consultant.
À Midhurst, il découvre un monde surprenant qui vit replié sur lui-même. Derrière la façade austère, les règles strictes et le code de l’honneur, la violence rôde. La nuit, de mystérieuses réunions se tiennent dans la chapelle, et il arrive que des pas résonnent dans le grenier. Les grands, chargés de faire respecter la discipline par les plus jeunes, ont parfois une conception bien curieuse de l’autorité, et même les professeurs semblent avoir leurs petits secrets.
Que mystère Param le jeune Indien cherche-t-il à percer dans la bibliothèque ? De qui Ashley Lawrence a-t-il si peur ? Et pourquoi Sarah, la jeune fille qui travaille à la lingerie et dont Wiggins est tombé amoureux, est-elle aussi lunatique ? Les forces du mal sont à l’œuvre. Et dans un tel panier de crabes où on ne peut faire confiance à personne, Wiggins parviendra-t-il à empêcher qu’il arrive malheur à Lowell Summerfield ?

J’avais repéré ce roman il y a un petit moment et je me suis jetée à l’eau en le prenant. Le résumé m’intriguait vraiment… Et quelle belle surprise ! Je n’ai pas du tout été déçue et cela a même été une belle découverte.

Ce roman est le tout dernier de la série des enquêtes de Wiggins, jeune assistant du célèbre détective Sherlock Holmes. Je commence encore une fois par la fin mais qu’importe ça n’a pas gâché ma lecture pour autant. Je voudrais tout d’abord parler du premier élément qui m’a plu en lisant ce roman ! Il faut savoir que je lis très peu de livres policiers et c’est bien la plume de Béatrice Nicodème qui m’a convaincue. Je suis tombée sous le charme ! Le style est très fluide et se lit bien. Mais attention, qui dit lecture aisée ne veut pas pour autant dire écriture de bas-étage. J’exagère peut-être un peu mais c’est comme ça que je l’ai ressenti. Du coup, j’étais totalement captivée et je me suis immergée dans l’atmosphère du roman.

On trouve dans le roman une intrigue principale, celle de l’élève Lowell Summerfield en danger. Son père, qui est un grand juge, vient de recevoir des lettres menaçant ses proches. Ainsi, pour veiller à la sécurité du jeune garçon, Wiggins va être employé au collège Midhurst. Mais ce ne sera pas le seul problème ! On découvre de nouveaux éléments qui tâcheront de rendre l’histoire un peu plus complexe et plus mystérieuse. De plus, cela amène à nous interroger sur le lien que ceux-ci peuvent avoir avec l’intrigue principale. Comportement suspicieux, clubs secrets… autant de choses qui doivent être résolues au plus vite ! On ne s’ennuie donc pas !

On est plongé dans un autre univers, aux antipodes de celui de Wiggins. Et pour cause, l’établissement scolaire Midhurst reçoit pour la plupart des cas des pensionnaires issus de familles riches. L’école a des codes et un fonctionnement bien particuliers. Il y a entre autre la division des élèves en 3 sections selon la maison auquelle ils appartiennent ou encore les étranges punitions infligées. Ce mode de fonctionnement peut penser à croire que tout est fictif alors que non ! L’auteure s’est en effet inspirée de ce qui existe déjà. Pour cela, elle a dû faire des recherches et on les retrouve sous forme d’annexes en fin d’ouvrage.

Outre l’écriture de l’auteure, ce sont les personnages qui m’ont marquée ! Wiggins le premier bien évidemment ! C’est un jeune homme très courageux et déterminé lorsqu’on voit qu’il est issu du quartier pauvre de Londres. Malgré un passé misérable, il souhaite avoir un grand avenir de détective. On le découvre aussi sentimental lorsqu’il tombe sous le charme de la jolie Sarah. Mais son côté rustique vaut la médaille d’or ! D’ailleurs, son franc-parler m’a beaucoup fait rire surtout lorsqu’il renomme les noms de maisons de l’école Midhurst. Je me suis donc beaucoup attaché à lui.

J’ai par ailleurs beaucoup apprécié les 3 professeurs tout aussi farfelus et attachants les uns que les autres : Mr Kinloch, Mr. Bell et  M. Verneuil. En somme, tous les personnages ont une part réaliste.

Le seul point négatif que j’ai relevé dans le livre n’a pas été la fin mais la façon dont on découvre la vérité. Je m’étais attendue à plus de perspicacité de la part de Wiggins. Je pensais qu’il allait résoudre les mystères en utilisant son sens de l’observation et de la déduction ! Au lieu de ça, ce sont en grande partie les témoignages qui le poussent jusqu’à la vérité. Car c’est ce qui fait le plaisir d’un roman policier : savoir que les indices révèlent beaucoup de choses !

Pour couronner le tout, je dois dire que j’ai vraiment adoré ce roman et il me pousse même à creuser l’univers de Sherlock Holmes ! Malgré un certain côté sombre dû au lieu où se déroule l’intrigue mais aussi lié aux événements, il y a certains passages drôles qui rendent la lecture encore plus agréable. C’est donc les yeux fermés que je me procurerai les précédentes aventures de Wiggins !

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