Animale – Victor Dixen

animale_victordixenAnimale, Victor Dixen

Éd. Gallimard Jeunesse

448 p.

★★★★

Je trouve que les réécritures de contes sont très intéressantes si on n’en abuse pas trop. Je commence à redouter le phénomène quand je vois quelques titres qui ont repris des histoires très connues comme Blanche neige ou que sais-je… J’ai peur de constater que certains auteurs n’ont plus trop d’idées. Même si au final l’intrigue vient de leur imagination, la base du récit est déjà posée.

Ainsi, Animale est une belle réécriture d’un célèbre conte. Et rien qu’en lisant le résumé, on arrive à deviner lequel c’est… L’histoire se déroule au XIXe siècle, dans la forêt des Vosges. Dans le couvent Sainte-Ursule se cache Blonde, une jeune fille à la beauté singulière… et qui cache un terrible secret malgré elle.

Un objet, remis par un visiteur inconnu, remettra en question sa propre identité. Qui est-elle vraiment ? Pourquoi a-t-elle toujours vécu au couvent ? Dès lors, la quête de son passé et de sa véritable nature la poussent à partir à l’aventure… soutenue par un beau jeune homme.

Le roman est divisé en quatre parties et chacune commence par un bref extrait du conte duquel il est inspiré. Et il y a un bonus à la fin : la chronologie de la mère de Blonde, qui permet d’avoir une meilleure vue sur son passé.

Malgré mes réticences, j’ai beaucoup apprécié la lecture de ce roman ! Du moins la première partie que j’ai trouvée vraiment exaltante. On part, avec Blonde, à la recherche de son histoire. On a vraiment envie d’en savoir davantage et de percer le mystère qui tourne autour d’elle. Malheureusement, à partir du moment où c’est le cas, j’ai trouvé que le rythme s’essoufflait petit à petit. De telle façon que vers la fin, j’ai eu du mal à achever ma lecture.

De plus, la romance annoncée dans la quatrième de couverture était prometteuse mais n’a pas fonctionné sur moi. Peut-être parce que je n’ai pas du tout été séduite par Gaspard, l’amour de Blonde !

L’écriture et l’univers de Victor Dixen m’a enchantée et m’a transportée. J’ai eu l’impression d’être dans une autre époque, à la fois pleine de mystères et avec un soupçon de romantisme.

Vivants – Isaac Marion

vivants_isaacmarionVivants, Isaac Marion

Éd. Bragelonne

320 p.

★★★

Dans un monde post apocalyptique, les humains sont désormais envahis par deux nouvelles espèces contaminées : les osseux et les zombies. Comme leur nom l’indique, les osseux ont une apparence complètement décharnée et sont plus féroces. Les zombies quant à eux, gardent une apparence plus ou moins humaine selon leur stade de décomposition.

On apprend que les zombies se nourrissent seulement de chair humaine et peuvent, en mangeant le cerveau de leur proie, entrer dans leurs souvenirs. Dès lors qu’il est contaminé, le zombie ne se souvient plus de rien. Il ne se rappelle pas son ancienne vie et ne peut même plus communiquer.

R est un zombie pas comme les autres (tiens, ça me rappelle vaguement une chanson !). Même s’il est guidé par ses instincts primitifs, il se différencie de ses compagnons par sa façon de réfléchir et de percevoir les éléments qui l’entourent. C’est là que l’auteur aurait dû choisir une autre forme narrative. En effet, pourquoi avoir choisi une narration à la première personne quand on découvre que le personnage principal n’est même pas capable d’aligner cinq mots dans un dialogue ? Car en dehors de cette dernière, R décrit très bien ce qu’il ressent.

Un jour, R et sa bande décident d’aller chercher de la chair fraîche à se mettre sous la dent. Ils s’attaquent à un groupe d’humains survivants. Parmi eux se trouve une jeune fille, Julie, qui deviendra le centre d’attention de R.

Julie est la personne qui donnera à R l’envie de changer. C’est une belle histoire d’amitié et d’amour qui s’ensuit. Les deux personnages apprennent à se connaître malgré tout. C’est une belle leçon que l’on trouve dans ces pages, celle de dépasser les apparences. R. va au-delà de ce que lui dicte sa condition : le statut de zombie n’est en rien une barrière et il va tout faire pour dépasser ses limites. Petit à petit, certains changements s’opèrent… Julie, quant à elle, ne reste pas coincée dans les préjugés balancés par les humains survivants.

C’est finalement une jolie histoire que j’ai trouvée assez étrange aux premiers abords. Comment ne pas s’empêcher d’être sceptique face à une telle relation ? Même si R est décrit comme bien conservé, il reste toujours un zombie. Mais son esprit, sa sensibilité et son humour font qu’au fur et à mesure, il devient un personnage attachant et on le perçoit d’un regard nouveau. De fil en aiguille, on voit son évolution et c’est ce qui rend la lecture agréable.

La relation entre R et Julie prend tellement de place au sein du roman qu’il n’en reste plus trop pour l’intrigue. On la désagréable sensation de faire du sur place et même au bout d’une centaine de pages, on ne sait toujours pas où l’auteur veut en venir. Heureusement que le style d’écriture est plaisant à lire. Alors on lit, on lit jusqu’à avoir une idée du dénouement. Et quelle fin, vraiment ! Je dirais qu’elle était très prévisible et je n’avais qu’une hâte, celle de finir le roman le plus rapidement possible.

Enfernité T1 – Brodi Ashton

enfernitet1Enfernité T1, Brodi Ashton

Éd. Milan

384 p.

★★★

D’habitude, je ne suis pas attirée par les histoires fantastiques pour un public jeune adulte (comprendre young adult bien entendu) avec une héroïne et un triangle amoureux. Surtout lorsque l’action se déroule dans notre monde. Pour la simple et bonne raison que je trouve que ce n’est pas du tout original. Peut-être que je suis trop exigeante, mais j’ai l’impression de retrouver le même principe à chaque fois. On a le monde réel, on y ajoute un élément surnaturel pour donner un côté fantastique. En soit, ça ne me dérange pas quand c’est un minimum bien construit.

Il existe donc un endroit qui s’appelle Enfernité. Il abrite des êtres, des Enfernautes, qui se nourrissent de l’énergie et des émotions d’autrui pour pouvoir vivre. Ces créatures à l’apparence humaine peuvent vivre à la surface de la Terre et partir à la recherche de leurs esclaves, les Transfuges.

Nikki est devenue une Transfuge après avoir passé un siècle à nourrir Cole, un Enfernaute. Cela s’appelle le Festin. Se séparer de la personne avec qui elle a passé autant de temps est difficile mais elle choisit toutefois le Retour dans le commun des mortels. Sa décision est motivée par les retrouvailles avec une personne qui lui est chère : Jack, son premier amour. Mais le temps qu’il lui reste est compté : si elle ne choisit pas de devenir une Enfernaute et de retourner en Enfernité avec Cole, elle se verra envoyée dans les Tunnels à nourrir les Ombres pour toujours.

Ainsi se créé un triangle amoureux, quoi de plus banal et inintéressant…

Sachant que le compte à rebours a commencé, Nikki va tenter de retrouver sa vie d’avant et de renouer avec les personnes qu’elle a abandonnées. Évidemment, et vous l’aurez compris, elle va devoir se battre pour trouver une solution et échapper à l’emprise des Ombres qui l’attendent impatiemment.

Même si le roman a l’avantage d’être une lecture sans prise de tête, j’ai trouvé qu’il manquait pas mal d’éléments pour pouvoir bien comprendre l’univers. Dès le début, on apprend ce qu’est l’Enfernité et tout ce qu’il implique. Mais il n’y a aucune information sur l’origine des Enfernautes : sont-ils apparus comme par magie ? Comment Cole l’est-il devenu ? Selon moi, lorsqu’on décide de créer un univers imaginaire, il est primordial de poser les bases dès le début pour savoir où l’on va.

Nikki revient ainsi à la surface mais son retour ne sera pas aisé. Elle devra regagner l’estime de ses proches après une longue période d’absence. J’ai eu la nette impression qu’une grande partie du roman était consacrée à Nikki et Jack au lycée. Certains événements et des mystères viennent ponctuer l’histoire afin de la rendre plus intéressante. Il se passe plus de choses vers les cent dernières pages. Alors que Nikki s’approche de son sort inexorable, il y a bien un moment où il faut prendre les choses en main ! Et bien sûr, elle attend le dernier moment pour effectuer des recherches sur un objet qu’on lui a remis longtemps avant !

Ceci dit il y a quand même des points positifs dans ce roman. J’ai apprécié le concept de l’aspiration des émotions et ses conséquences. Dans certains chapitres on a des flashbacks qui nous permettent de mieux comprendre le passé de Nikki et de s’attacher un peu plus aux personnages.

Finalement, je ne sais pas si j’ai envie de lire le deuxième tome mais vu le dénouement, j’aimerais vraiment savoir comment cela va se poursuivre !