« Revanche », les apparences sont bien trompeuses – Cat Clarke

revancheRevanche, Cat Clarke

Éd. Robert Laffont (Collection R)

491 p.

Kai et Jem sont inséparables. Jem aime secrètement son meilleur ami, qui serait l’homme idéal s’il ne préférait les garçons… À la fin d’une soirée d’ivresse chez des amis communs, Jem rentre seule chez elle, Kai demeurant étonnamment introuvable. C’est le lendemain que tout bascule : la jeune fille reçoit un e-mail de la part de ce dernier, avec en pièce jointe une vidéo de lui en compagnie d’un garçon qu’il a trouvé postée sur Internet. Cette vidéo plus que compromettante est très vite partagée par tout le lycée et Kai reçoit une salve d’e-mails agressifs qu’il ne peut bientôt plus supporter. Lui qui n’avait pas encore fait son coming-out finit par craquer et se suicide… À la suite de ce drame, Jem prend trois résolutions : découvrir la vérité, venger son ami et se suicider elle aussi. Alors qu’elle mène sa petite enquête, elle reçoit un jour une lettre anonyme contenant trois noms : ceux des responsables. Sans hésitation, Jem abandonne son look gothique et décide d’approcher ces garçons. Mais sont-ils réellement les coupables ?

Alors que le roman me faisait de l’œil avant même sa publication, lorsque j’ai vu tous les avis élogieux fleurir sur la toile, cela a encore plus attisé ma curiosité ! Puis il faut dire que j’aime beaucoup la couverture. Mais ce n’est qu’un détail !

Le résumé en dit long sur l’intrigue…  Après le suicide de son meilleur ami, Jem n’a plus qu’une seule idée en tête : se donner la mort. Mais un événement va contrecarrer ses plans et va l’obliger à attendre plus longtemps que prévu. En attendant, elle décide d’élaborer un plan qui consistera à venger son meilleur ami qui s’est suicidé… jusqu’au jour où elle se suicidera. Elle mène ainsi sa petite enquête qui lui donnera les noms des responsables. À partir de là, elle va tout mettre en œuvre pour s’immiscer dans leurs vies et leur pourrir l’existence…

Le roman aborde le thème de l’homosexualité en partie mais ce n’est pas l’élément principal de l’intrigue. Il se concentre plus sur la revanche de Jem et sa haine aveuglante. On découvre tout de même les difficultés que rencontre Kai à travers ses témoignages. Par contre, même si j’ai éprouvé une certaine compassion, je n’ai pas réussi à comprendre son geste vu le ton enjoué qu’il emploie dans ses discours. Ceux qui ont lu le livre sauront de quoi je parle. Au fond, peut-être que c’était voulu de la part de Kai de s’exprimer de cette manière. Mais pour le coup, je n’ai été touchée qu’à moitié.

Le personnage de Jem m’a exaspérée à un point inimaginable ! En plus d’être une fille égoïste, manipulatrice et elle juge sans les connaître. Puisqu’on est bien dans le cliché du lycée américain typique, Jem fait en effet parti de ce qu’on pourrait appeler le clan des « losers ». Ben oui, elle n’a qu’un ami et en plus de ça, elle s’habille en look gothique. Alors pour nourrir ce complexe d’infériorité, elle ne trouve rien de mieux à faire que de jauger les gens populaires de son bahut. Pour comparer les gens à des animaux, il faut vraiment être rempli de haine. Pour le coup, j’ai trouvé qu’elle n’était pas mieux qu’eux. Mais ce qui m’a le plus énervée c’est lorsqu’elle critiquait toujours un geste qui se voulait sûrement sincère.

Je me suis beaucoup plus attachée aux lycéens du clan des Populaires. Même s’ils ont l’air d’être superficiels aux premiers abords, ils n’en restent pas moins de vraies personnes. Leur sincérité et leur gentillesse le témoignent.

La lecture de ce roman m’a un peu gênée. On sait pertinemment tout le long du roman qu’il ne se passe pas grand chose mais on persiste à tourner les pages rien que pour savoir ce que Jem réserve aux coupables. C’est comme du voyeurisme, de la curiosité mal placée. Autre que le sujet de l’homosexualité, je pense que l’auteur a aussi voulu parler de la perception qu’on a des inconnus. Qu’il n’est pas sage de juger aussi rapidement des gens qu’on ne connaît pas et qu’il peut y avoir d’agréables surprises.

Sinon, j’ai trouvé le récit très bien écrit et les émotions retranscrites à la perfection. La fin m’a réellement touchée et j’en suis ressortie « sonnée ». J’aurais tellement voulu modifier la fin à tel point que je suis allée regarder sur internet s’il n’y avait pas des fan fictions qui proposaient une fin alternative !

★★★★

« La fille qui ne croyait pas aux miracles », quand l’espoir n’est plus… (Wendy Wunder)

lafillequiLa fille qui ne croyait pas aux miracles, Wendy Wunder

Éd. Hachette

376 p.

Campbell, une adolescente atteinte d’un cancer, est sur le point de mourir. Comment profiter de ses derniers instants quand on sait que c’est bientôt la fin ? C’est comme cela que raisonne la jeune fille. Tout est sans espoir pour elle : son avenir est gâché par sa maladie, ne la laissant pas voir au delà de quelques mois. Mais un beau jour, elle retrouve une liste écrite avec son amie Lily, elle aussi atteinte de la même maladie. Sur ce bout de papier, elle y avait écrit ce qu’elle devait faire avant de mourir. Et si c’était le début à tout ?

 

Mon avis :

Le roman nous présente le destin tragique d’une jeune fille et qui a encore tant à voir : elle est atteinte d’un cancer. Sa maladie étant au dernier stade, Campbell vit sans doute sa dernière année, voire ses dernières semaines. Ce qui lui arrive affecte beaucoup sa façon de penser : elle se renferme sur elle-même et refuse de profiter du moment présent. Elle refuse également de passer de bons moments.

La protagoniste nous rappelle ainsi sans cesse qu’elle ne pourra pas assister au futur contrairement à son entourage et aux gens qu’elle rencontre. Elle les envie beaucoup et cette pensée m’a rendu triste et j’ai compati à sa situation. J’ai été touché par l’histoire émouvante de l’héroïne.

Le début du livre est lent à démarrer et certaines descriptions m’ont laissé pleine de confusion. Notamment sur son lieu de résidence et certains détail qui n’étaient pas trop importants puisque j’ai pu continuer ma lecture tranquillement. En revanche, il y a un flou autour de ses origines qui se confirment au cours du roman. Peut-être que j’ai fait une faute d’inattention au tout début mais à cause de cela, j’ai dû revisiter l’image que je m’étais faite de Campbell.

Le début est donc d’une banalité et ennuyeux. Le style d’écriture de l’auteure aide beaucoup et facilite ainsi la lecture. Mais passé les 150 premières pages, elle est plus aisée dans le sens où il se passe plus de choses et les personnages deviennent de plus en plus attachants.  Ce changement est dû au voyage que Campbell, sa mère et sa soeur sont sur le point d’effectuer : elles se dirigent vers une ville miracle qui répond au nom de Promise. Selon la jeune fille une telle ville ne peut exister compte tenu de sa situation actuelle, au plus grand désarroi de sa famille. Car tout ce qu’elles désirent, c’est que la protagoniste croie finalement aux mystères et joies de la vie. Y parviendront-elles ?

De plus, les personnages sont attachants malgré le fait que l’auteur ait choisi d’exploiter qu’un seul côté de leur personnalité. On ne voit donc seulement que le bon en eux, ce qui rend le récit un peu trop superficiel à mon goût. Il n’y a que Campbell qui sorte du lot et  dont la personnalité est nuancée. On y découvre alors ses bons et mauvais côtés.

Voilà un beau récit qui nous incite à réfléchir à la vie et la valeur qu’on lui donne. Rien n’est trop tard pour entreprendre des choses ! Et même si le temps peut manquer, il ne faut pas perdre espoir et c’est quand on lâche prise que les meilleures choses peuvent se passer. En plus de donner une belle leçon de vie, Wendy Wunder parvient parfaitement à transmettre des émotions.

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« Slam » ou comment grandir sans le vouloir (Nick Hornby)

slamSlam, Nick Hornby

Éd. Plon

300 p.

« Vous savez ce que c’est, un slam ? En langage de skateboarder ça veut dire qu’on se casse la gueule. Et moi, le skate et les filles, c’est tout ce qui m’intéresse. Je m’appelle Sam, j’ai 15 ans, je vis avec ma mère qui en a 31. Vous avez pigé : elle m’a eu quand elle avait 16 ans, du coup elle me dit toujours de faire attention avec ma copine. Parce que c’est comme avec le skate : un accident est vite arrivé… »

Mon avis :

Slam… L’histoire d’un adolescent qui n’a d’autres préoccupations que le skate et les filles. Jusqu’au jour où il rencontre la belle Alicia. Ils tombent fous amoureux l’un de l’autre, tout est rose, la vie est belle. Alors que leur relation va au-delà des simples baisers, la mère de Sam l’avertit et lui dit d’être prudent. Conseil qu’il ne va pas écouter bien sûr…

La suite vous vous en doutez, n’est-ce pas ? Mais si vous ne voulez pas que je révèle la suite, ne lisez pas !

Notre jeune protagoniste Sam est un garçon de 15 ans bien banal, pas très beau d’après ce que j’ai lu, un peu fou dans sa tête puisqu’il a tendance à discuter avec le poster de Tony Hawk. Quoi, vous ne le connaissez pas ? Le dieu du skate  bien sûr ! En plus de ça, il parle beaucoup. Peut-être que cela pourrait rebuter plus d’un mais le récit est à la première personne et encore pire ! Le registre du parler, ou plutôt de l’adolescent devrais-je dire, est conservé ! Ah, en effet on a droit tout au long du roman à des phrases négatives où le « ne » n’est plus. Je veux pas… Tu crois pas… Elle veut pas… Une torture au tout début mais on s’y finit par s’y faire et on entre bien dans la tête du personnage. Il se peut également que vous vous en tiriez avec un mal de tête carabiné vu la vitesse à laquelle il nous raconte des choses (n’oublions non plus ses blagues douteuses).

La relation qu’il entretient avec Alicia à ses débuts est parfaite, tout roule. Ils sont fous amoureux, ils passent tout leur temps ensemble… Mais la routine s’installe et leur idylle s’essouffle petit à petit. Ils n’ont pas réussi à gérer la routine. Mais ce ne sont que des adolescents et peut-être ont-ils idéalisé leur relation amoureuse. Personnellement, c’est ce que passage là qui m’a peinée car je me suis rendue compte que parfois les choses durent et d’autres pas. Que du jour au lendemain, tout peut changer…

C’est donc vers la fin de leur relation que Sam et sa copine font une très grosse bêtise en choisissant de ne pas utiliser de préservatif : Alicia tombe effectivement enceinte. Cela ne peut pas tomber mieux ! Alicia porte l’enfant de Sam alors qu’ils ne sont plus ensemble. Le choc est dur à encaisser et les interrogations coulent à flot : comment le dire aux parents ? Si Alicia veut le garder, comment faire pour l’élever ? Autant de questions angoissantes qui obligent Sam à prendre ses propres responsabilités. Sauf qu’il n’en veut pas, il est toujours un jeune ado dans sa tête et qui ne pense qu’à lui et qu’à skater. Dur à 15 ans de devoir penser à autre chose…

J’ai beaucoup apprécié ce roman qui nous met dans la peau d’un très jeune parent qui, surtout, n’a pas voulu de ce bébé. Les interrogations, les angoisses de devoir s’occuper d’une autre personne autre que soi et par dessus tout, grandir. Et malgré un registre familier et un Sam quelque fois énervant voire exaspérant, les émotions sont toutefois présentes.