La Prophétie de Nostradamus – Theresa Breslin

prophetiedenostradamus_breslinLa Prophétie de Nostradamus, Theresa Breslin

Éd. Milan

441 p.

★★★

La religion est un sujet qui m’a toujours fasciné et cet intérêt s’est renforcé lorsque j’ai regardé le film Agora d’Alejandro Amenábar. Si vous ne connaissez pas cette œuvre cinématographique, il s’agit de l’histoire d’Hypatie, philosophe et mathématicienne, durant les premières guerres de religion entre les polythéistes et les monothéistes. C’est un de mes films préférés que je vous recommande absolument ! Alors, quand j’ai vu qu’il était aussi question de religion dans le roman, je me suis dit pourquoi pas. Surtout que j’adore les récits historiques ! Et ici, bien entendu, les conflits concernent catholiques et protestants au XVIe siècle.

Même si La Prophétie de Nostradamus a été le premier livre lu (en entier !) après un désert littéraire, il n’en est pas moins une petite déception. Il n’y a pas beaucoup d’action mais j’ai beaucoup aimé l’univers, que je n’ai eu aucun mal à me représenter. C’est bien cela qui m’a fait accrocher jusqu’à la fin.

L’histoire se déroule en France, au XVIe siècle. Mélisande, fille de ménestrel, tentera de sauver son père emprisonné grâce à l’aide du célèbre Nostradamus. Mais avec ses visions, celui-ci a un tout autre objectif pour la jeune personne : sauver le roi et la France.

Pour une lecture jeunesse, j’ai trouvé qu’il était un peu difficile de saisir le contexte et il faut avoir quelques notions pour bien appréhender l’histoire. En revanche, le roman a eu le mérite d’attiser ma curiosité sur Catherine de Médicis et Nostradamus. Et quelle coïncidence lorsque j’ai commencé à regarder la série Reign de Stephanie Sengtupa où ils y sont également !

Je n’ai pas grand-chose à dire sur le personnage de Mélisande, que je n’ai pas vraiment trouvée attachante ni détestable. Elle se bat pour retrouver une personne qu’elle aime et ce, sans porter une attention particulière à ceux qui l’entourent. Cela m’a agacé au plus haut point ! Certains personnages secondaires sont attachants et ce doivent bien être les seuls… Aussi, l’auteure a tenté d’insérer une histoire d’amour mais qui n’est pas du tout crédible selon moi. Un échec total.

Malheureusement, les 2/3 du roman traînent en longueur. Il ne s’y passe pas grand-chose d’extraordinaire… jusqu’à la dernière partie qui a le mérite d’avoir des rebondissements. Mais encore, tout cela s’enchaîne trop rapidement de façon à ressentir une fin bâclée et vite expédiée.

« La messagère de l’au-delà », une porte-parole inattendue… (Mary Hooper)

La-messagere-de-l-au-dela-Mary-HooperLa messagère de l’au-delà, Mary Hooper

Éd. du Panama

267 p.

OXFORD, décembre 1650. Anne Green, une jeune servante accusée d’infanticide, vient d’être pendue haut et court. Son cadavre, au grand dam de sa famille, est livré à l’université afin d’y être disséqué. Robert, étudiant en médecine bègue et introverti, est de ceux qui doivent assister à cette leçon d’anatomie. Mais, à sa grande surprise, il décèle bientôt chez la jeune fille des signes de vie. Inspiré d’un fait réel, le destin terrible et singulier, aux frontières du surnaturel, d’une adolescente dans l’Angleterre puritaine du XVIIe siècle.

Même si les romans de Mary Hooper sont teintés d’un fond historique plus que réaliste, celui-ci présente la particularité d’être tiré d’une histoire vraie. Celle d’une certaine Anne Green qui aurait été exécutée pour infanticide mais qui ensuite présentait des signes de vie. Je ne vous en dirai pas plus sur la suite de l’intrigue mais le résumé vous en dit d’avantage !

On s’immisce dès le début dans la conscience d’Anne Green, auparavant servante pour une noble famille, les Reade. Un chapitre sur deux lui est consacré. Ainsi, elle nous raconte son histoire et ce qui l’a amenée à ce destin funèbre.

Les autres parties sont narrées par un étudiant en médecine, Robert. Alors que la dépouille de la jeune fille est disposé à être utilisé et disséqué par les médecins, le jeune homme nous raconte l’avancement des événements, c’est-à-dire qu’ils aperçoivent petit à petit des signes de vie de la part d’Anne !

On y découvre alors des personnages bons mais aussi détestables. Ainsi la présentation de chaque individu est très manichéenne et tranchée. Ils sont soit aimables, soit détestables. Ils ne peuvent être les deux en même temps. Aussi, l’aversion prend le dessus sur l’affection : je n’ai cessé de maudire certains personnages, y compris les Reade ! Cela peut être un bon point quand on n’a pas réussi à s’attacher aux protagonistes. Un sentiment d’antipathie a au moins eu le mérite de rendre le récit plus vivant et intéressant.

Bizarrement, je ne me suis pas réellement attachée à Anne Green, ou de très loin. Je l’ai trouvée superficielle, crédule et un brin ignorante. Nous retrouvons donc certains traits dans le personnage de Velvet (de son roman éponyme), quoique plus futée à mon goût. Car dans ce roman, la protagoniste est appâtée par le pouvoir et la richesse et c’est ce qui provoquera sa perte. On ne peut donc éprouver de la compassion, excepté lorsqu’elle est accusée à tort. Et encore ! Et le personnage de Robert ne m’a pas non plus convaincue. L’intérêt soudain qu’il porte à Anne, alors cadavre, est morbide ! Comment réagir lorsqu’on lit que le jeune homme s’émerveille devant tant de beauté ? J’ai trouvé cela très étrange.

En revanche, j’ai beaucoup apprécié John Taylor, un personnage secondaire qui m’a touchée. En effet, sa gentillesse et son indulgence m’ont conquise !

De plus, même si les chapitres consacrés à Robert présentent un intérêt du point de la progression de l’intrigue, je les ai trouvés ennuyeux et redondants. Il se passe les mêmes choses, à savoir des hommes autour d’un cercueil guettant le cadavre. Seule la fin diffère. En ce qui concerne cette dernière, elle m’a paru bâclée et m’a déçue. Par contre, les parties racontées par Anne étaient vraiment intéressantes et je les ai lues avidement.

L’auteure réussit à décrire la misère de l’époque si bien qu’on a l’impression de percevoir constamment un brouillard froid et lugubre. Son style d’écriture est fluide et agréable à lire. Et compte tenu du côté tragique de l’histoire, Mary Hooper ne tombe pas dans la niaiserie et le dramatique. Un bon point !

Malgré une fin décevante, j’ai apprécié ce roman bien écrit et très intéressant puisqu’il est tiré d’un fait réel !

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« Velvet », comme un doux murmure venu de l’au-delà… (Mary Hooper)

VelvetVelvet, Mary Hooper

Éd. Les Grandes Personnes

313 p.

Coupdecoeur

 

 

 

C’est la deuxième fois, après Waterloo Necropolis, que j’ai un coup de coeur pour le roman de Mary Hooper !

Toujours dans l’ambiance historique du vieux Londres des années 1900, Velvet une blanchisseuse parvient tant bien que mal à vivre au jour le jour. Malgré son acharnement au travail, la jeune fille vit dans la pauvreté et la misère… Jusqu’au jour où elle se voit attribuer les vêtements d’une élégante dame. Et pas n’importe laquelle : Madame Savoya, un très célèbre et riche médium ! Grâce au travail impeccable et minutieux de l’employée, la voyante lui propose alors une place chez elle. Velvet va alors découvrir un autre monde, celui du spiritisme. Là où les vivants écoutent les morts mais elle n’est pas près de se douter que le danger qui la guette ne provient pas de l’au-delà !

C’est toujours un vrai régal de lire les romans de cette auteure ! En effet, elle manie avec brio le fond historique qui est l’Angleterre au XXe siècle. Les descriptions nous transportent loin en arrière, comme si on y était. À chaque fois que je la lis, je voyage dans le temps. C’est une écriture très agréable à lire et qui transmet des émotions assez facilement.

On découvre au début le quotidien misérable d’une jeune fille qui a tout perdu mais qui ne perd pas espoir. Nouvelle identité, nouvelle vie, elle veut se donner les moyens de réussir et avoir un avenir hors du commun. Elle ne se voit pas mariée et avoir un schéma de vie habituel mais voit son futur en grand. C’est pourquoi elle tente de mettre toutes ses chances de son côté en s’acharnant et en s’appliquant au travail. Ses efforts seront payés puisqu’elle se verra embauchée par le médium en vogue de Londres. C’est le début d’une nouvelle vie et de nouvelles aventures…

J’ai trouvé que les personnages étaient vraiment réalistes , et tout ont des choses à cacher. Je me suis beaucoup attachée à Velvet, un personnage plein de sagesse et de valeur et qui inspire de la sympathie. Contrairement aux héroïnes de certains romans à la « mode », Velvet est une fille tout en modération avec une touche de finesse et un soupçon d’élégance. Malgré son tempérament calme, Velvet a de l’ambition et est déterminée. Elle a vraiment tout pour plaire malgré certains moments où j’ai trouvé qu’elle était un peu superficielle…

Les jolies parures occupent une petite place dans le roman. Les vêtements et accessoires sont riches en descriptions : les matières, les ornements, les coutures, les couleurs, etc tout y passe de façon à ce qu’on puisse facilement imaginer ce que les personnages portent. On imagine alors des pièces élégantes et soyeuses. Un régal !

Une grande partie du roman est consacrée aux séances de spiritisme de Madame Savoya qui sont découpés en chapitres. On découvre ainsi ses différents clients mais également le mode de fonctionnement de la voyante. Comment elle fait pour communiquer avec l’au-delà. Est-ce un vrai don ou une mascarade ? Seule la lecture vous le dira… Le seul bémol que j’ai pu remarquer a été les séances de Madame, un peu trop nombreuses à mon goût mais je pense qu’elles étaient nécessaires pour comprendre le fonctionnement de ce cher médium.

Ce qui m’a le plus plu dans ce livre a été sa chute et son dénouement. De fil en aiguille on découvre la vérité qui devient de plus en plus évidente. Pour ainsi dire, on ne s’y attend pas du tout : quelle surprise ! Décidément, le thème de la manipulation est récurrente chez Mary Hooper et j’aime beaucoup ! Encore une lecture qui ne m’a pas déçue !

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