« La messagère de l’au-delà », une porte-parole inattendue… (Mary Hooper)

La-messagere-de-l-au-dela-Mary-HooperLa messagère de l’au-delà, Mary Hooper

Éd. du Panama

267 p.

OXFORD, décembre 1650. Anne Green, une jeune servante accusée d’infanticide, vient d’être pendue haut et court. Son cadavre, au grand dam de sa famille, est livré à l’université afin d’y être disséqué. Robert, étudiant en médecine bègue et introverti, est de ceux qui doivent assister à cette leçon d’anatomie. Mais, à sa grande surprise, il décèle bientôt chez la jeune fille des signes de vie. Inspiré d’un fait réel, le destin terrible et singulier, aux frontières du surnaturel, d’une adolescente dans l’Angleterre puritaine du XVIIe siècle.

Même si les romans de Mary Hooper sont teintés d’un fond historique plus que réaliste, celui-ci présente la particularité d’être tiré d’une histoire vraie. Celle d’une certaine Anne Green qui aurait été exécutée pour infanticide mais qui ensuite présentait des signes de vie. Je ne vous en dirai pas plus sur la suite de l’intrigue mais le résumé vous en dit d’avantage !

On s’immisce dès le début dans la conscience d’Anne Green, auparavant servante pour une noble famille, les Reade. Un chapitre sur deux lui est consacré. Ainsi, elle nous raconte son histoire et ce qui l’a amenée à ce destin funèbre.

Les autres parties sont narrées par un étudiant en médecine, Robert. Alors que la dépouille de la jeune fille est disposé à être utilisé et disséqué par les médecins, le jeune homme nous raconte l’avancement des événements, c’est-à-dire qu’ils aperçoivent petit à petit des signes de vie de la part d’Anne !

On y découvre alors des personnages bons mais aussi détestables. Ainsi la présentation de chaque individu est très manichéenne et tranchée. Ils sont soit aimables, soit détestables. Ils ne peuvent être les deux en même temps. Aussi, l’aversion prend le dessus sur l’affection : je n’ai cessé de maudire certains personnages, y compris les Reade ! Cela peut être un bon point quand on n’a pas réussi à s’attacher aux protagonistes. Un sentiment d’antipathie a au moins eu le mérite de rendre le récit plus vivant et intéressant.

Bizarrement, je ne me suis pas réellement attachée à Anne Green, ou de très loin. Je l’ai trouvée superficielle, crédule et un brin ignorante. Nous retrouvons donc certains traits dans le personnage de Velvet (de son roman éponyme), quoique plus futée à mon goût. Car dans ce roman, la protagoniste est appâtée par le pouvoir et la richesse et c’est ce qui provoquera sa perte. On ne peut donc éprouver de la compassion, excepté lorsqu’elle est accusée à tort. Et encore ! Et le personnage de Robert ne m’a pas non plus convaincue. L’intérêt soudain qu’il porte à Anne, alors cadavre, est morbide ! Comment réagir lorsqu’on lit que le jeune homme s’émerveille devant tant de beauté ? J’ai trouvé cela très étrange.

En revanche, j’ai beaucoup apprécié John Taylor, un personnage secondaire qui m’a touchée. En effet, sa gentillesse et son indulgence m’ont conquise !

De plus, même si les chapitres consacrés à Robert présentent un intérêt du point de la progression de l’intrigue, je les ai trouvés ennuyeux et redondants. Il se passe les mêmes choses, à savoir des hommes autour d’un cercueil guettant le cadavre. Seule la fin diffère. En ce qui concerne cette dernière, elle m’a paru bâclée et m’a déçue. Par contre, les parties racontées par Anne étaient vraiment intéressantes et je les ai lues avidement.

L’auteure réussit à décrire la misère de l’époque si bien qu’on a l’impression de percevoir constamment un brouillard froid et lugubre. Son style d’écriture est fluide et agréable à lire. Et compte tenu du côté tragique de l’histoire, Mary Hooper ne tombe pas dans la niaiserie et le dramatique. Un bon point !

Malgré une fin décevante, j’ai apprécié ce roman bien écrit et très intéressant puisqu’il est tiré d’un fait réel !

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