« Slam » ou comment grandir sans le vouloir (Nick Hornby)

slamSlam, Nick Hornby

Éd. Plon

300 p.

« Vous savez ce que c’est, un slam ? En langage de skateboarder ça veut dire qu’on se casse la gueule. Et moi, le skate et les filles, c’est tout ce qui m’intéresse. Je m’appelle Sam, j’ai 15 ans, je vis avec ma mère qui en a 31. Vous avez pigé : elle m’a eu quand elle avait 16 ans, du coup elle me dit toujours de faire attention avec ma copine. Parce que c’est comme avec le skate : un accident est vite arrivé… »

Mon avis :

Slam… L’histoire d’un adolescent qui n’a d’autres préoccupations que le skate et les filles. Jusqu’au jour où il rencontre la belle Alicia. Ils tombent fous amoureux l’un de l’autre, tout est rose, la vie est belle. Alors que leur relation va au-delà des simples baisers, la mère de Sam l’avertit et lui dit d’être prudent. Conseil qu’il ne va pas écouter bien sûr…

La suite vous vous en doutez, n’est-ce pas ? Mais si vous ne voulez pas que je révèle la suite, ne lisez pas !

Notre jeune protagoniste Sam est un garçon de 15 ans bien banal, pas très beau d’après ce que j’ai lu, un peu fou dans sa tête puisqu’il a tendance à discuter avec le poster de Tony Hawk. Quoi, vous ne le connaissez pas ? Le dieu du skate  bien sûr ! En plus de ça, il parle beaucoup. Peut-être que cela pourrait rebuter plus d’un mais le récit est à la première personne et encore pire ! Le registre du parler, ou plutôt de l’adolescent devrais-je dire, est conservé ! Ah, en effet on a droit tout au long du roman à des phrases négatives où le « ne » n’est plus. Je veux pas… Tu crois pas… Elle veut pas… Une torture au tout début mais on s’y finit par s’y faire et on entre bien dans la tête du personnage. Il se peut également que vous vous en tiriez avec un mal de tête carabiné vu la vitesse à laquelle il nous raconte des choses (n’oublions non plus ses blagues douteuses).

La relation qu’il entretient avec Alicia à ses débuts est parfaite, tout roule. Ils sont fous amoureux, ils passent tout leur temps ensemble… Mais la routine s’installe et leur idylle s’essouffle petit à petit. Ils n’ont pas réussi à gérer la routine. Mais ce ne sont que des adolescents et peut-être ont-ils idéalisé leur relation amoureuse. Personnellement, c’est ce que passage là qui m’a peinée car je me suis rendue compte que parfois les choses durent et d’autres pas. Que du jour au lendemain, tout peut changer…

C’est donc vers la fin de leur relation que Sam et sa copine font une très grosse bêtise en choisissant de ne pas utiliser de préservatif : Alicia tombe effectivement enceinte. Cela ne peut pas tomber mieux ! Alicia porte l’enfant de Sam alors qu’ils ne sont plus ensemble. Le choc est dur à encaisser et les interrogations coulent à flot : comment le dire aux parents ? Si Alicia veut le garder, comment faire pour l’élever ? Autant de questions angoissantes qui obligent Sam à prendre ses propres responsabilités. Sauf qu’il n’en veut pas, il est toujours un jeune ado dans sa tête et qui ne pense qu’à lui et qu’à skater. Dur à 15 ans de devoir penser à autre chose…

J’ai beaucoup apprécié ce roman qui nous met dans la peau d’un très jeune parent qui, surtout, n’a pas voulu de ce bébé. Les interrogations, les angoisses de devoir s’occuper d’une autre personne autre que soi et par dessus tout, grandir. Et malgré un registre familier et un Sam quelque fois énervant voire exaspérant, les émotions sont toutefois présentes.