« Nox T1 », un monde séparé par un dangereux brouillard… – Yves Grevet

noxNox T1 : Ici-bas, Yves Grevet

Éd. Syros

418 p.

★★★★★

Une ville basse enveloppée d’un brouillard opaque – la nox –, plongée dans l’obscurité.
Des hommes contraints de marcher ou de pédaler sans cesse pour produire de la lumière.
Une société codifiée, régentée par une milice toute puissante.
Des amis d’enfance qui s’engagent dans des camps adverses.
Un héros qui se bat pour épouser celle qu’il aime.
Une jeune fille prête à tout pour retrouver la femme qui l’a élevée.

Ça faisait plus de 2 mois qu’il était dans ma pile à lire. Plus de 2 mois que je l’ai acheté à la SLPJ de Montreuil 2013 et à cette occasion, j’ai rencontré Yves Grevet pour la première fois ! J’ai bien évidemment fait dédicacer le premier tome de Nox. J’en avais profité pour lui glisser quelques compliments sur son autre saga intitulée Méto et que j’avais adoré.

J’avais franchement hâte d’entamer cette saga et je n’ai pas du tout été déçue. Je l’ai dévoré ! On retrouve bien sûr la plume d’Yves Grevet qui est plaisante à lire et reconnaissable : phrases courtes mais efficaces.

L’univers qui est créé est plutôt futuriste. C’est un monde séparé en deux par un brouillard nocif et opaque appelé la nox. Au-dessus de celle-ci vivent les riches, tandis que plus bas, ce sont les pauvres qui respirent l’air malsain du nuage. En plus d’une méconnaissance totale de leur mode de vie, les deux principales populations ne se fréquentent pas et y sont formellement interdits. Une milice, la CASP – Chacun à sa place –, y veille et ce, avec beaucoup de violence et d’abus de pouvoir. Mais d’autres partis, plus extrêmes et opposants, existent et tentent de contrecarrer la politique caspiste.

Le récit se concentre sur plusieurs personnages, plus ou moins liés. Ainsi, on a Lucen, Gerges et Ludmilla qui sont des adolescents mais ne vivant pas au même endroit. Lucen vit dans la ville basse avec ses parents. Comme tous les jeunes de là-bas, il apprend les ficelles du métier de son père, qui est rafistoleur, pour ensuite le remplacer plus tard. Il souhaite épouser celle qu’il aime et ce, contre l’avis de ses parents. Gerges est ami avec Lucen depuis des années et vit aussi dans la nox. Il va bientôt suivre les traces de son père, Grégire, qui est le chef de la milice caspiste. La route qu’il va prendre est tracée et bien différente de celle de son ami, qui lui est neutre. Leur amitié va-t-elle résister ? Quant à Ludmilla, c’est une jeune fille aisée habitant au-delà du brouillard. Seulement, sa gouvernante Martha, avec qui elle a noué des liens très forts, va retourner d’où elle vient c’est-à-dire dans la ville basse. Ludmilla va tout faire pour la retrouver. Va-t-elle découvrir pour la première fois les profondeurs de la nox ? Ce que Martha lui a raconté sur la population d’en bas est-il vrai ?

Au tout début, et à travers la voix de Lucen, on découvre son mode de vie bien particulier. C’est tout un univers, qui se révèle très riche : les chenillettes pour la production d’électricité, la localisation d’un endroit en fonction de son altitude et j’en passe. J’ai vraiment adoré découvrir ce monde original. Quand le décor a été planté et qu’on a fait la connaissance de tous les personnages, je ne me suis plus arrêtée une seule seconde et j’ai presque tout lu d’une traite. Ce qui a été le cas pour les 200 dernières pages !

Chaque chapitre est consacré à un des personnages et celui-ci raconte les faits à la première personne. Ce qui fait qu’on a l’impression d’être à sa place et on découvre ainsi son point de vue. La plupart du temps on a la version d’untel et le chapitre d’après, celui de l’autre. Ça peut paraître décousu au niveau temporel mais je n’ai eu aucun mal à me situer dans le temps.

L’action est bien présente ainsi que les rebondissements. Je me suis réellement attachée aux personnages principaux ayant leurs problèmes. Tout ce que je voulais savoir c’était s’ils allaient finalement s’en sortir. J’ai trouvé quelques traits de personnalité de Méto (de la saga éponyme) dans le personnage de Lucen mais aussi Gerges : la valeur de l’amitié, l’honnêteté et l’entraide. Même si j’ai apprécié ces deux-là, Ludmilla reste ma protagoniste préférée. J’ai adoré la voir changer et la voir s’opposer à son père. Je l’ai trouvé vraiment remarquable et courageuse. En revanche, il y a un personnage que me laisse de marbre, c’est Firmie la petite amie de Lucen. Leur histoire d’amour ne m’a pas touchée. Mais ce n’est que mon ressenti.

L’histoire est vraiment prenante, l’univers est très bien construit et original et les personnages sont attachants. J’ai adoré ce premier tome et j’ai hâte de découvrir la suite !

« Méto T3 » et missions sur le continent – Yves Grevet

9782748508918_1Méto T3 : Le Monde, Yves Grevet

Éd. Syros (Soon)

379 p.

★★★★

De retour à la Maison, Méto est séparé de ses proches et désigné aux yeux de tous comme le « traître ». Mais les César le conduisent bientôt dans une partie de la grande demeure tenue secrète et réservée aux membres du groupe E, une élite chargée d’effectuer des missions sur le continent…

Encore une saga de fini ! Je dois dire que je commence bien l’année. Il me tardait vraiment d’avoir le fin mot de l’histoire.

Attention, pour ceux qui n’ont pas lu le deuxième tome, je vous déconseille de lire ce qui va suivre !

Encore une fois, Méto m’a étonné de son sens de l’amitié et de son courage. C’est un personnage qui m’a marqué et que je n’oublierai pas car il a ses propres valeurs : il n’oublie pas ses amis et les aide jusqu’à la fin, le sens de la justice et de l’égalité, il tient ses promesses, etc. Tout cela a été montré dans le troisième tome de ses aventures qui s’intitule Le Monde. Dès lors, on se doute qu’il va sûrement sortir de l’île et découvrir cet endroit qui lui est étranger.

Ce dernier tome est le moment des révélations. On en apprend plus sur la création d’un tel endroit, sur le passé du protagoniste… ce qui est très intéressant !

Méto est revenu à la case départ c’est-à-dire qu’il est de retour à la Maison après sa malheureuse défaite. Méto ne retourne pas parmi les enfants mais il intègre un groupe de personnes à part. Ce dernier est en réalité le groupe auquel il est destiné depuis le début et qui a des tâches bien spécifiques, à savoir réaliser des missions sur le continent. Méto va user de ce prétexte pour mettre en œuvre son plan…

L’ambiance qui règne dans ce troisième tome n’est pas des plus sereins. Méto est sans cesse rejeté et maltraité par ses nouveaux coéquipiers pour qui il est devenu un traître, la suspicion des César, les règles strictes de la Maison… En lisant ce roman, je n’ai cessé d’être mal à l’aise. Méto noue des liens avec des personnages mais au final on ne sait pas à qui on a à faire ! Sont-ils sincères ou jouent-t-ils seulement un rôle ?

Même si Le Monde n’est pas le tome que j’ai le plus préféré dans la trilogie, il n’en reste pas moins une lecture très agréable. J’ai adoré revenir dans cet univers si particulier et aux personnages attachants. Voilà c’est vraiment la fin ! Je suis vraiment heureuse d’avoir découvert l’histoire de Méto que je n’oublierai pas de sitôt !

« Théa pour l’éternité », et si on arrêtait tout ? – Florence Hinckel

theapourleterniteThéa pour l’éternité, Florence Hinckel

Éd. Syros (Soon)

238 p.

Théa est secrètement amoureuse de Théo, son meilleur ami d’enfance, qui lui préfère la pom-pom girl du lycée. Théa vit seule avec sa mère, une ancienne présentatrice de télévision obnubilée par le souci de paraître jeune. Théa a l’impression que le temps passe trop vite et que les promesses de l’enfance sont déjà loin. Alors, quand le professeur Jones lui propose d’être le plus jeune cobaye d’un programme visant à stopper le vieillissement, Théa décide de saisir cette chance. Le destin hors normes d’une héroïne qui a franchi la limite interdite. Un roman déroutant d’une évidente actualité.

J’ai trouvé cela dommage que la quatrième de couverture nous dise d’emblée sur quoi va porter l’intrigue, c’est-à-dire le fameux programme qui stoppe le vieillissement. Cela aurait été plus intéressant de le découvrir nous-même. Un peu de mystère ne fait pas de mal, surtout que ça permet d’accrocher le lecteur. En gros, il n’y a aucune surprise !

C’est donc le récit d’une jeune fille banale et qui s’appelle Théa. Amoureuse de son meilleur ami Théo, elle découvre elle-même qu’il sort avec la plus belle fille du lycée. Mais sans que l’on sache réellement pourquoi, peut-être à cause de sa mère toujours préoccupée par son apparence ou pour plaire à Théo, la protagoniste a peur du temps qui défile. Peur du temps qui la vieillit et redoute ne plus pouvoir attirer le regard de son ami d’enfance. Alors quand un certain médecin venu de nulle-part lui propose un programme spécial visant à garder sa jeunesse éternellement, Théa ne réfléchit pas à deux fois. Mais son choix aura bien des conséquences…

Ce n’est pas l’histoire de Théa qui m’a le plus marquée mais le projet en lui-même et les questions d’éthique qui en découlent. Je n’ai pas su compatir au destin du personnage tellement elle m’a parue égoïste et exécrable. Certes, personne n’est parfait mais sa façon de réagir et de penser ne m’ont pas du tout plu et je ne me suis donc pas attachée à son personnage. De plus, il n’y a que très peu de personnages qui sortent du lot et qui ont paru digne de sympathie.

Ainsi comme je le disais tout à l’heure, le plus intéressant sont les questions d’éthique que suscite le roman. Peut-on sembler plus jeune que son propre enfant ? Dans ce cas-là c’est toute la structure familiale qui est chamboulée : on ne sait plus qui est l’enfant, le parent et l’aïeul. Mais encore, peut-on vivre plus longtemps que son enfant et plus longtemps que la normale ? Des interrogations auxquelles il est primordial de réfléchir. Même si un certain programme est loin de voir le jour, la dictature de la beauté a fait naître la chirurgie esthétique. On voit bien que l’apparence détient une place importante dans la société et cela pourrait nous pousser à bien pire. Bon je ne vais pas faire dans le débat ou dans la polémique ! Tout ce que je veux dire que c’est que le roman est très intéressant dans le sens où il nous amène à réfléchir sur l’apparence et à nous rendre compte que vouloir modifier la nature n’est pas sans conséquences.

L’histoire est bien écrite et facile à lire. Comme ça fait plus d’un mois que j’ai lu le roman, j’en garde très peu de souvenirs. J’ai passé un bon moment ! L’intrigue tient bien la route excepté l’apparition miracle du professeur Jones dans le bureau de la directrice de Théa. La façon dont il a réussi à la trouve me rend dubitative. En revanche, je ne m’attendais pas du tout à une fin pareille et c’était très décevant ! D’ailleurs, j’ai trouvé la chute un peu trop facile à mon goût !

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